dimanche 25 janvier 2026

" En l'absence du Capitaine "


 " Me voilà à trente ans

les deux mains sur la table

A écrire un poème 

Pour apprendre à naviguer

En l'absence du Capitaine " .

Un  recueil pour cueillir des " instantanés"   de poésie de Cécile Coulon autour de la perte de sa grand-mère . Pour ne pas couler Coulon continue à naviguer à vue . Elle confie, elle-même, la matière de son livre, sans masque aucun : " écrire des poèmes de rien du tout pour dire que tout ira bien dans cette vie  quand l'orage se prépare je me répète : si le ciel est bien bas c'est qu'il est avec nous ".

Des poèmes de Rien du Tout. Tout est dit.

Une ode à la joie, à la vie après la perte de parties d 'elle-même envolées . On pense ici un peu  à la fraîcheur des poésies de  René Guy Cadou et ses éternités d'éphèmères mises en mot.

Si le doute constitue l'essence même de sa poésie, elle concède :  " s'il y a bien une chose dont je suis sûre, c 'est qu'on n'est jamais déçue par un ciel bleu " . 

Une poésie sans fard, avec les fulgurances presque enfantines, qui mènent du presque Rien au presque Tout !

Ce qui n'est pas RIEN ...


vendredi 23 janvier 2026

Journée mondiale de l'écriture manuscrite

 Parmi les nombreux thèmes célébrés chaque jour de l'année, le 23 janvier est consacré à la promotion de la lettre manuscrite ; une gageure que d'annoncer cette occasion via un clavier d'ordinateur tant le phénomène manuel au crayon semble désuet de nos jours ! Et pourtant, ils sont nombreux à défendre l'acte manuscrit tant il apporte des bénéfices , surtout au niveau de l'apprentissage de la langue.

Chacun se souviendra avoir mieux mémorisé un cours écrit à la main sur une fiche, que lu et relu par exemple. Toujours est -il que cette initiative nous vient d'Outre -Atlantique avec the "  Writing Instrument Manufacturers Association " ( W.I.M.A ) en souvenir de John HANCOCK qui signa à la main la déclaration d'indépendance américaine en 1776.

" N' oublie pas d'écrire " correspondrait donc à l'injonction française dans cette initiative.

En attendant le week-end prochain consacré aux " Nuits de la lecture " dont la marraine nationale est Marie-Hélène Lafon ; le thème retenu cette année : " la ville et la campagne ". Localement , diverses initiatives variées d'animations ludiques. Ainsi à Longeville-sur-mer, une association  proposera des lectures comme celle de " Zazie prend le métro" de Raymond Queneau ou des appels à écriture autour d'ateliers.

Des incitations  à ne pas perdre la main , du plus jeune au plus âgé pour partager savoirs et savoir-faire en toute convivialité.

lundi 12 janvier 2026

Le bal annuel des " faux-jetons " ?

 Dans la série du "marronier" du mois, à savoir "les voeux", quelques petites nuances pourraient s'ajouter au thème du précédent billet d'humeur :

Si certains mettent encore du coeur à l'ouvrage dans ce rituel, certes devenu anachronique, il faut bien réaliser que parfois, mieux vaudrait ne rien recevoir du tout  que des voeux en pilotage  "automatique", sans âme, pour ne pas dire impersonnels.

 Le bal des faux-jetons s'ouvre aussi en cette période annuelle où les ( bonnes ? )  intentions ( dont l'enfer semble pavé, dit-on )  ne sont pas toujours celles espérées, et  pourquoi ne pas l'énoncer, confuses , vides de sens et creuses. Ce que certains nommeraient ici un langage "performatif " qui n'implique rien d'autre que lui même et n'engage que celui qui veut bien y croire ! Un exercice somme toute assez facile et banal, désincarné, pour s' accorder  une pseudo "bonne conscience" annuelle, provenant d'expéditeurs peu enclins à l'introspection bien que centrés sur eux-mêmes.

Dans ces cas précis, on se réjouirait presque de ne rien recevoir du tout !

Remerciements donc, en creux, pour tous ces "voeux" de pacotille non reçus qui permettent d'opérer un tri salutaire dans une vie qui tendrait à  privilégier l'essentiel du superflu !

Restent les fidèles parmi les fidèles, dont les paroles s'accordent aux actes et réciproquement.

Pour les voeux "lucratifs" ou à intérêts variables selon les époques de la vie, on sera allégés de ne plus les trouver, détoxification hivernale oblige !



jeudi 1 janvier 2026

Cartes de voeux aux oubliettes ?

Les temps changent à la vitesse du T.G.V et les amateurs d'envois postaux pourront aller se rhabiller  en ce premier jour de la nouvelle année ; et ce n'est pas au Danemark qu'ils pourront se consoler ; la poste du service public n'y semblant plus assez rentable aux dernières nouvelles. Quant  à la poste française, elle subirait des cyberattaques . 

Il faudra donc s'accrocher cette année 2026 pour céder à cet anachronique rituel pourtant si rassérénant : (re) prendre contact avec des relations parfois délaissées pour leur assurer, de loin, par l'espace ou le temps, notre degré du lien d'attachement, quelqu'il soit. Proche ou lointain, peu importe : juste l'occasion d'un vivant de manifester à un autre vivant sa gratitude d'être toujours vivant, somme toute !

Restera la solution devenue si banale des cartes de voeux éléctroniques, aussi désincarnées qu'expédiées à la va-vite, au sens propre et figuré. Dupliquées à l'infini, c'est pratique, on gagne du temps et de l'argent.

Les plus tenaces ou persévérants, pour ne pas dire passionnés, choisiront les motifs de leur choix, avec plus ou moins de goût, et en fonction du destinataire ; ne dit-on pas de toutes façons, que "c'est l'intention qui compte" ?  Ceux qui en sont hélàs totalement dépourvus ne rencontreront évidemment pas ce problème.

Quant à celles et ceux qui prennent un malin plaisir à confectionner eux-mêmes ces dites cartes rituelles de voeux, à les personnaliser, ils seront sans doute montrés du doigt dans un monde qui tourne décidément bien à l'envers !


Quelle idée saugrenue que de perdre son temps en de telles vaines occupations ! (comprendre "non rentables" avec cet adjectif).

Pour le choix du timbre, celui qui fait voyager autant le contenu que le contenant , il est réservé aux récalcitrants qui s'accrochent encore à ce qu'ils ont toujours connu depuis leur enfance : leur altérité.

Les collectionneurs, de leur côté, pourront se consoler à leur humble manière en ouvrant la boîte à miracles de toutes les cartes de voeux, d'anniversaire ou autre conservées depuis qu'ils savent lire et écrire.

Un ultime acte de "résistance" sans doute par un 1er janvier 2026 ?


jeudi 20 novembre 2025

L'embellie informationnelle !

Parmi le flot incessant d'informations anxiogènes qui sévissent le plus souvent aux journaux télévisés, une éclaircie, avec la présentation d'une drôle de trouvaille : " la fédération française des trucs qui marchent" !
Il ne s'agit pas d'un gag puisque cette très sérieuse initiative a fait son cirque le 17 novembre dernier au cirque d'hiver Bouglione en présentant les dernières initiatives françaises aussi originales qu'efficaces.

Une patrouille, co-fondatrice de ce mouvement composée de Christophe Arnoux (64), Raphaël Ruegger (18) et Théo Cavierzel (52) a fait son tour de France en 2022 pour répertorier toute initiative permettant d'améliorer à la base et sur le terrain la vie des administrés. La seule exigence : qu'elle soit locale, efficace et duplicable ! Et ce sont parfois les idées les plus simples qui ont du génie !

Assez pragmatiques, ces trois "mousquetaires" ont décidé de relever les manches et valoriser les idées de terrain, adaptées à la réalité, originales et surtout qui facilitent la vie de tous les jours.

Forts de leurs soutiens de plus en plus nombreux, dont la MACIF,  AXA ou autres, ils initient une énergie positive qui fait tant défaut actuellement.

Les propositions restent à la fois accessibles et ancrées dans le réel : loin des idées hors sol inapplicables et souvent coûteuses d'experts en expertises d'audits !

Avant les prochaines élections municipales, un coffret de fiches va être créé valorisant les expériences locales positives qui font avancer les choses.

Le bon sens à retrouver qui sait, loin des expérimentations en tous genres, hors sol, de certaines de nos élites  déconnectées ?

Site Internet de la Fédération française des Trucs qui marchent !


mercredi 5 novembre 2025

La différence entre " être " et " avoir " ?

 Si le mois de Novembre annonce les jours qui déclinent, la cueillette des champignons ou déjà les lumières de Noêl, il reste le rendez-vous incontournable de la remise des prix .

Certains plus prestigieux que d'autres, sont paradoxalement et pécunièrement parlant en proportion inverse à leur notoriété ! Ainsi le " Graal " des graals qui assurera sans aucun doute la renommée  assurée pour la postérité, le prix Goncourt, aura l'immense honneur de se voir rétribuer un chèque hautement symbolique de...dix euros ! Le natif de Descartes en Touraine sera sans doute plus sensible à la reconnaissance transcendée  venue d'ailleurs avec sa " Maison vide " ! Pour l' écrivain de 58 ans, Laurent Mauvignier, on imagine que la satisfaction se trouve plus " d'en être " que d'en avoir ! Même si l'un n'exclut pas toujours l'autre . Quant aux prix Fémina ou Médicis, crées pour contrebalancer les Goncourt, à l'époque, peu soucieux du talent féminin en général, ils seront sans doute un peu plus " lucratifs " .

Emmanuel Carrère, fils de la russophyle Hélène Carrère d'Encausse,  quant à lui, se satisfera du prix Médicis aujourd'hui, avec " Kolkhoze" qui partage avec le prix Goncourt le goût de la fresque familiale -fleuve vu ses 560 pages au compteur ! 

Pour ceux qui seraient plus intéressés par l "'Avoir  " avec un grand A, conseillons au passage la recherche du prix Nobel qui s'élèverait à 830000 euros ! 

De quoi confirmer que le mariage des chiffres et des lettres ne va pas toujours  de soi en général, et que de l'être ou de  l'avoir, il convient parfois de choisir.

* A noter, le " prix Varenne " crée en 1988 en hommage au fondateur du journal " La Montagne ", composé de 8 catégories; récompensant le talent dans le domaine journalistique. Cette année se sont distingués, entre autre, Fabien Leboucq et Malrlène Decreusefond pour une enquête parue en juin 2025 dans le journal Libération sur les violences dans la Police.


mercredi 29 octobre 2025

Mots pour maux ?

 Dans la longue collection des étiquetages en " dys " qui fleurissent parfois de jour en jour chez les éminents spécialistes, ajoutons à notre collection un mal qui ne répand certes pas la terreur comme dans le poème des  " animaux malades de la peste " de la Fontaine, mais qui peut générer au passage la richesse de chirurgiens esthétiques peu scrupuleux : 

il s'agit ici de la " dysmorphophobie " : un mot à rallonde qui s'éclaire , comme souvent, avec les éthymologies ; les " patients " reconnus comme tels souffriraient d'un rapport à leur corps biaisé où chaque imperfection serait grossie à la loupe par le propriétaire de cette enveloppe corporelle ; d'autant plus à des âges de la vie charnières comme ceux de l'adolescence par exemple, voire plus tardifs...

Les causes de cette vision tronquée de ce corps par essence non parfait, puisqu'humain, proviendraient entre autres, d'un entourage peu complaisant, pour ne pas dire prompt à la critique du moindre détail.

L'expression populaire du " détail qui tue " prendrait ainsi ici tout son sens ! Les causes génétiques rares une fois écartées, bien évidemment .

Ainsi une assymétrie quelconque porterait son propriétaire à avoir recours au bistouri pour la corriger et faire le beurre des experts en chirurgie plastique . Et ce, à des âges parfois précoces ! L'orthorexie dentaire illustrant une partie de ce domaine où des outrances exhorbitantes sont à dénoter. Une affaire très rentable au demeurant pour les prestataires dudit " service" .

On imagine mal les répercussions invisibles sur un être être humain, encore plus en construction, de remarques désobligeantes sur son  simple aspect physique, surtout si elles s'avèrent généralement gratuites et sans fondement réel.

Ainsi le " mal-être " des uns faisant le " bonheur " des autres, pour qui, apparence ou compte en banque priment sur toute autre considération, assiste-t-on à l'explosion de ce nouveau phénomène social, ajoutant du mal-être au mal-être général ambiant !

D'où l'importance, dans l'Education, en général et en particulier si possible, d'ériger comme principe de précaution élémentaire, le  respecter l'autre, à commencer par le respect élémentaire de soi-même !

lundi 27 octobre 2025

L'esprit de justice récompensé !

 "Notre métier n'est pas de faire plaisir, non plus de faire du tort, il est de porter la plume dans la plaie" écrivait le journaliste engagé, épris de justice, Albert Londres.

C'est en son honneur que fut crée en 1933, le prix Albert Londres, récompensant le journalisme d'investigation de terrain de reporters à la fois audacieux et exigeants.

Cette année, pour la 87 ième édition, les récompenses se sont déroulées à Beyrouth au musée national du Liban (où elles n'avaient pas pu se dérouler en 2024), pour révéler le subtil talent journalistique de Julie Brafman, chroniqueuse judiciaire à Libération pour son recueil : "le vertige de l'aveu" ; il relate dix enquêtes judiciaires et ses coulisses entre les différentes parties, écrites comme des nouvelles, d'une plume ciselée où chaque mot pèse.

Reconnaissance assez exceptionnelle dans cette catégorie journalistique si spécifique  d'une chroniqueuse judiciaire.



samedi 4 octobre 2025

La voix de son Maître ?

Il fallait y penser : une idée saugrenue autour de laquelle bâtir une histoire de relations humaines, à savoir un répondeur téléphonique !

Histoire d'apparente légèreté, créée par Luc Blanvillain et adaptée au cinéma avec brio et finesse par la réalisatrice Fabienne Godet, servie par des acteurs qui jouent juste, que ce soit Denis Podalydès ou le surprenant Salif Cissé.

DR

Le thème universel du double est ici abordé en profondeur autour de la voix (fatiguée) d'un écrivain qui entend la prêter à un  "sous-traitant"  de talent pour l'occasion !
Usé de répondre aux appels incessants des uns et des autres, ce romancier reconnu mais un peu en retrait propose donc  à un imitateur talentueux, rencontré par hasard, de prendre sa voix pour ...reposer la sienne ! Et en profiter pour prétendre écrire sans être constamment interrompu par ses proches ou moins proches. Idée loufoque qui semble fonctionner au cours de cette histoire qui se déroule à une époque où chacun cherche à rester en contact sans jamais vraiment s'engager.

C'était sans compter la personnalité de l'imitateur, imitant certes à la perfection, mais dont la fraîcheur et l'authenticité vont bousculer progressivement le cours de la vie relationnelle dudit propriétaire de cette fameuse Voix ! Et de tout son entourage, par ricochets.

Subtilement, les nouvelles interactions croisées entre les différents protagonistes vont faire évoluer une situation qui semble échapper de plus en plus à l'initiateur du projet !

L'occasion ici de s'immerger dans l'univers des artistes, établis ou pas, et du travail de création qui navigue sans cesse entre imaginaire et réalité.

Une belle surprise, tout en nuances, où les silences en disent souvent long, sur la communication, désincarnée ou pas, l'attention à l'autre, l'écoute et la Création !


jeudi 2 octobre 2025

" Huttopia " *

C'est le jour de la lune,

Droits réservés

le marché de Fontvieille :

Senteurs provençales,

Couleurs automnales

Impressionnistes !

Des épices deci-delà , 

du pain frais, blanc ou noir,

De quoi se rhabiller 

pour l'hiver à venir

Et surtout les bouquets de 

mots de Marie Bolus

à l'envi.

En prose ou en poésie

Tels des confettis

Ces contes et merveilles

d'une " Mamie Noisette "

à faire pâlir l' Alphonse,

Ancêtre des lieux

Eternels.

*Hutoppia


vendredi 22 août 2025

Les marronniers de la rentrée !

 La langue française nous offre des termes fleuris à foison selon les saisons et il en demeure un  qui fait toujours recette : le marronnier . En terme journalistique, il ferait référence aux sujets dits " faciles " qui ne demandent aucune créativité particulière, liés au simple agenda ; une facilité à laquelle il est difficile de ne pas céder ,surtout en période encore creuse :

Les glaces estivales, les raclettes  en hiver, voire le sempiternel sujet de la rentrée scolaire qui coûterait toujours plus cher chaque année, malgrè les allocations versées récemment au passage.

Et les tests comparatifs vont bon train entre différentes enseignes ou formules possibles pour ne pas sombrer dans le piège du consumérisme grégaire .

Une pépite entendue toujours par hasard  cette année pour certains petits élèves de maternelles : les directeurs d'école auront besoin de beaucoup de recul et d'humour pour déléguer à leurs A.T.S.E.M ( Agents Territoriaux Spécialisés des Ecoles Maternelles )  le soin de ...changer les couches des jeunes écoliers pas encore " propres " comme on dit . Peut-être faudra-t-il aussi demander un supplément d'allocations d'hygiène de propreté pour ces enfants à qui il n'a pas été appris la propreté à la maison ? Il faut dire que les temps changent si vite ; sûrement la faute au réchauffement climatique, la faute à Voltaire ou Rouseau qui sait ?

Le monde animal qui nous entoure reste en cela parfois bien plus efficace  en terme d'apprentissage de la propreté à sa progéniture , sauf exception ? La plupart font leur " job", presque instinctivement il faut bien le dire.

 " Tâche "  ingrate , si l'on peut oser se le permettre, pour les auxiliaires de maternelles qui se voient ainsi ( rétro) gradées au rang de puéricultrice ? Noble  mission  il est vrai, hélàs différemment  peu reconnue dans ce cas précis !

Aucune info particulière sur ce peu ragoutant sujet dans les " marronniers " de la presse à ce jour !

Bon courage aux éducateurs et aide-éducateurs confrontés à ces nouvelles problématiques à la hausse .

N.B  : l'école étant en France obligatoire à partir de 3 ans depuis 2019, cette tâche est dans l'attribution officielle des A.T.S.E.M en tout premier contact avec les écoliers.


vendredi 8 août 2025

Adieu spatio temporel au poète disparu !

Tu ressemblais à Van Gogh avec ta pipe , les mots dans ta boîte à outils. Perdu de vue peut-être, mais toujours avec nous. Tes poésies de Monthiers intactes. Te v'la envolé tel l'Albatros. Dans nos coeurs trop gros tu restes, à des années-lumière. Le temps glisse sur nos liens amis. Tu étais des nôtres, avec ou sans Dieu. Dans les bulles de ta Champagne tu as implosé, notre bel ami professeur- jardinier .




Hommage  en différé de ton pote M.L. 


Alain, le poète s'en va .

Quand Alain sort du bois, c'est
Bien parce qu'il rime avec
Les mots qu'il a lus et ressassés 
Les maux fumés au tabac sec

Dans sa pipe chaude et moite,
Il trouve l'inspiration du poète,
Il met ses ennemis en boîte,
Avec des vers d'un style honnête.

Comme Brassens, à soixante ans, tu casses ta pipe,
Idem à l'idole, sans sa supplique pour Sète,
Tu pars rejoindre le Créateur en principe,
Et tu vois à livre ouvert, le Verbe être
Éternel !



vendredi 1 août 2025

" Un beau dimanche "

Un titre simple comme bonjour pourrait-on dire, pour honorer un jour qui en inspire certains et désespère souvent d'autres, loin de toute ferveur excessive, pour le septième film de Nicole Garcia.
Parmi "un dimanche à la campagne" ou "un long de dimanche de fiançaille", celui-ci promet bien des secrets mis à jour ! Il s'agira en l'occurrence ici d'un dimanche de Pentecôte, pour rester précis !

D.R.
La vacance des vacances estivales permet donc parfois de revoir ou découvrir des films, même datant de plus de dix ans, pour peu qu'on soit patients et adeptes du sujet de prédilection de Nicole Garcia : les liens familiaux.

Révélation ici de son propre fils, Pierre Rochefort, pour qui le film semble taillé sur mesure : un fils "de" , doublement attendu au tournant donc, même si son père, Jean Rochefort, ne l'a jamais élevé.

Tout en retenu, un peu bancal mais d'une bienveillance naturelle, Baptiste, ce jeune instituteur, va de ville en ville par choix du renouvellement. Il se retrouve un beau jour avec son élève Mathias sur les bras, en  C.M.2 au Vigan dans le Gard, "oublié" par son père à la sortie de l'école. Trop occupé à son "business" de coursier de voitures de luxe à Monaco sans doute ? Dans cette première partie un peu au ralenti, il s'agira pour l 'instituteur de ramener l 'enfant à sa mère,  Sandra, elle aussi débordée par son travail de serveuse, histoire de la responsabiliser. Et ce jeune trio bancal, en guise de famille de substitution, se met ainsi en place par un concours de circonstances hasardeuses et avouons-le, avec beaucoup d'invraissemblances, quant au principe de réalité.

Mais peu importe.

D'emblée, on sent bien que les regards appuyés de l'instituteur portés sur ce  jeune garçon égaré, par manque de "place" concédée, lui rappelle à lui aussi quelque chose...
Pour qui ne comprend pas les non-dits et les subtilités en "creux" de Nicole Garcia, passer son chemin d'urgence ! 

Pour les autres, ils apprécieront la délicatesse sous-jacente et l'extrême sensibilité dévoilée dans les silences qui en disent si long. Ils font tellement partie intégrante de cette petite musique-là !

L'instituteur, on l'aura deviné, un peu en perte de repères, s'attachera donc instantanément à ce jeune élève perdu dont il va spontanément s'occuper. Sandra (Louise Bouguoin), la maman prise dans les filets de mafieux à qui elle doit 50 000 euros, va ainsi trouver son sauveur !

La seconde partie du film replonge dans le passé notre instituteur  "sauveur" écorché-vif ; passé fui  pour des raisons familiales peu glorieuses. Le retour dans son milieu bourgeois et affairiste fera remonter à la surface des secrets bien peu avouables sur la lâcheté des uns et l'extrême lucidité des autres. 

Secret mis au grand jour pourtant pour une libération salvatrice !

La nature des liens familiaux et leur subtile interaction, dans deux milieux sociaux diamétralement opposés sont ici dépeints à la loupe ; et notre trio, aussi improbable qu'atypique, laissera chacun à ses  responsablités en toute bonne mais aussi surtout mauvaise conscience.

Un beau cadeau de Nicole Garcia à son fils, Pierre Rochefort, ici révélé, presque contre lui-même,  autant qu'aux spectateurs dont les yeux savent voir plus loin que les apparences au royaume des profondeurs  !


samedi 19 juillet 2025

" Les misérables " : entre Bordeaux, Paris et Marseille virtuel


 Le Monument littéraire de Victor Hugo adapté au cinéma ou au théâtre depuis 1909 refait surface  encore cette année, entre les terres girondines et Paris. Après  son  dernier " Radin " et  " les chèvres ", le réalisateur Fred Cavayé a débuté le tournage de cette énième adaptation le 17 juillet dernier dans le petit village girondin de Saint-Macaire, où la place Marcadiou représente une place marseillaise virtuelle.

Tournage à Saint-Macaire. D.R.

Un chambardement inattendu pour les habitants, surpris par toute l'équipe du tournage qui a investi cet endroit si paisible. Les archétypes de Jean Valjean, de l'inspecteur Javert, Fantine  ou l'impitoyable couple des Thénardier seront ici incarnés par une brochette d'acteurs incontournables tels que Vincent Lindon, Camille Cottin  ou Benjamin Laverne. Des " inspirés " à la hauteur de la performance .

Comme Rochefort devenu si célébre avec ses  "demoiselles", le vieux port marseillais avec Marius de Marcel Pagnol, ou  encore  Belle -île- en mer avec Sarah Bernhardt peut-être cette petite bourgade jusque là inconnue au bataillon connaîtra-t-elle ses lettres de noblesse à cette occasion ?

 Toujours est-il que les habitants ont eu la possibilité de jouer les figurants et d'assister aux séances " H.M.C "( Habillage, maquillage , coiffure ).

Avec un casting si prometteur, espèrons que cette relecture ambitieuse de la fresque sociale et humaine soit à la hauteur du génie Hugolien : une sacrée gageure qui ne manquera pas de souffrir ou pas des comparaisons, comme chaque adaptation de chef d'oeuvres littéraires !

Quant à l'auteur, devenu immortel par son oeuvre intemporelle, on se souviendra de sa phrase concernant son roman : " Mes amis, retenez ceci : il n'y a pas de mauvaise herbe, ni de mauvais homme, il n'y a  que de mauvais cultivateurs " .

Telle est l'ambition du réalisateur à qui nous souhaitons un franc succès . Rendez-vous le 11 novembre 2026 !


mercredi 16 juillet 2025

Les adultes dans le sillage des enfants !



Parmi les beaux souvenirs d'enfance, demeurent ceux dédiés aux  rituels  "Cahiers de Vacances" pendant les étés à rallonge parfois interminables : les cahiers de vacances meublaient bien souvent les jours de pluie et réservaient des moments de distraction inoubliable ; seuls ou sous l’œil distrait d'un adulte en surplomb, ils réservaient de savoureux moments intemporels.

Est-ce pour prolonger ces souvenirs nostalgiques que l'offre s'est  tellement diversifiée et étendue aux vieux enfants que nous sommes devenus ? Est-ce juste une opération "marketing" qui "cartonne" comme on dit ?
Toujours est-il que petits et grands peuvent désormais de concert, quel que soit son âge, s'adonner à son propre "cahier de vacances" : pléthore de styles sont proposés et il serait rare que le vacancier ne trouve pas "chaussure à son pied". Il aurait ici plutôt l'embarras du choix à observer les têtes de gondoles des rayons culturels, grandes ou petites surfaces compris.

Il y en aura pour tous les goûts : que l'on veuille préparer son entrée en fac de droit, que l'on souhaite mener son enquête policière, jouer avec les mots ou en savoir  toujours un peu plus sur qui on est, toujours sur le mode ludique! De quoi changer des sempiternels et lassants mots fléchés.

Une manière comme une autre de ne pas trop laisser son cerveau estival en jachère afin qu'il ne fonde pas comme neige au soleil ; dix minutes par ci, dans le bus, dix minutes par là sur la terrasse ombragée d'un jardin privé ou public, et le tour est joué ! Le temps passe ainsi  à la vitesse grand V, en solo ou à plusieurs.

Photo H-D

Non,  "ce n'était pas mieux avant" comme répètent à l'envi certains indécrottables ronchons, c'était juste différent !
La curiosité insatiable, la culture subsistent, éternelles fenêtres, qui s'ouvrent juste sur d'autres modes. Le support papier a encore de beaux jours devant lui, à en croire les ventes qui explosent à cette saison !

De quoi conserver un brin d' espoir et activer son neurone en s'amusant, quelque soit la température ambiante.

Cela ne remplacera peut-être pas les "petits bacs" ou "morpions" imaginés juste avec un crayon ou un papier dans les années 70, voire un bâton et un caillou sur le sable mouillé, mais l'esprit reste identique . Sans oublier les nuages à qui l'on prêtait toutes formes de formes saugrenues ou pas pour filer avec eux.

Phénomène assez inexpliqué en France cependant : les ventes des cahiers pour enfants stagnent voire baissent alors que les ventes pour adultes explosent ! 

L'occasion  présente sans doute aussi de réunir enfants et parents dans une même ouverture ludique pour explorer, même parfois immobiles, le vaste monde qui nous entoure ?



mercredi 9 juillet 2025

L'effroi universel

 A la première séance du cours de philosophie il y a maintenant quelques dizaines d'année , notre charismatique professeur nous avait à tous, demandé d'écrire sur un petit papier, quel était selon chacun de nous le sujet de philosophie par excellence . Il me souvient avoir simplement écrit, en toute spontanéïté :  le suicide. A la lecture de tous les petits papiers relevés, le professeur un brin surpris avait été saisi par la gravité soudaine de ce mot évoqué sur le papier . En répondant ensuite, qu'effectivement, il s'agissait d'un des sujets les plus graves de la philosophie puisqu'il traitait en lui même du sens de la vie. Du sens à trouver et du véritablement cheminement philosophique.

La pathétique nouvelle politique du suicide d'un représentant politique renvoit à cette question fondamentale qui n'épargne pas non plus ce microchosme pourtant prétendu protégé.

Peu importe le parti en question d'ailleurs . Les hommages ont ensuite fusé de toutes parts et de tous bords autour d'un homme " droit , aux valeurs intégres " etc etc etc

Mais la stupéfaction a monté d'un cran en entendant un message qui se voulait certainement au demeurant compatissant : " on ne soupçonne jamais assez la fragilité des gens  " du premier ministre, à la fois très troublé et surpris.

Cette surprise en a surpris justement plus d'un : comment ne pas imaginer un seul instant que derrière les masques et armures persiste une sensibilité somme toute très humaine ?

Un autre représentant politique du même bord a même témoigné avec beaucoup de lucidité et de sincèrité qu'" on n'imaginait pas à quel point on était finalement très seul " . 

Comment rester de marbre devant un tel effroi jeté sur la France entière ? Acte qui nous ramène au sens même de la vie, à la solidarité, au partage de la souffrance ou pas.

Là demeure l'essence même  de notre existence ici bas. Eluder ces questions derrière les apparences trompeuses revient simplement à passer à côté du réel .

Un peu dommage dans le monde politique aux responsabilités ?

Dans la vie en général d'ailleurs !

lundi 7 juillet 2025

Les rapaces

Samuel, (Sami Bouajila excellent de naturel) est journaliste d'investigation à "Détective", spécialiste des faits divers et plus précisément des féminicides. Un peu en marge de sa rédaction et en connivence floue avec la police, il mène son enquête, secondé de sa fille stagiaire (Mallory Wanecque, la candide au baptême du feu) autour du meurtre d'une jeune fille attaquée à l'acide. Tous les moyens sont bons pour lui pour arriver à la Vérité, au risque de se trouver souvent "border line" quant aux procédés employés.


Le monde sans concession du journalisme des faits divers est retranscrit dans une atmosphère hyperréaliste sans fioriture. L'affaire en question lui rappelant un second meurtre dans des conditions identiques, il va remonter progressivement le fil d'un monde parallèle sans foi ni loi : celui des masculinistes cibistes en l'occurrence dont toutes les conversations sont codées.

Après une première partie assez lente, proche du docu-fiction, la tension monte crescendo jusquà un point paroxystique : véritable scène d'antologie que celle du restaurant Napoléon, où le piège semble se refermer inéluctablement sur le justicier et sa fille. Le spectateur a le souffle coupé et l'angoisse monte jusqu'au moment où la fille finira par délivrer son père, lui-même sauvé  à la fois par son statut professionnel et par un concours de circonstance providentiel.

Immersion garantie dans le monde du fait divers autour des prédateurs, chasseurs de chair fraîche.

Un doute subtil demeure in fine : le titre évocateur "Rapaces" s'applique-t-il autant aux journalistes d'investigation qui n'hésitent pas à mettre leur vie et celle de leurs proches en danger pour arriver au but par des moyens que la police ne peut avoir ou aux masculinistes et pervers sexuels, véritables " barbares ",  uniquement puissants par la force du groupe ?

C'est sans doute toute la subtilité du titre aussi talentueux que l'art de suggérer la violence plutôt que de la montrer. Après son dernier "Vaurien", Peter Dourountzis monte en grade : ses "Rapaces" emportent ici une reconnaissance du public  beaucoup plus avérée.

Sur un plan plus intime, il s'agit aussi ici d'une belle histoire de liens resserrés entre un père divorcé et sa fille qui cherche à emprunter son chemin professionnel, quoi qu'il en coûte !

jeudi 3 juillet 2025

Le " greenwashing " vert de rage !

 Certains se souviennent des blagues plus ou moins fines  de Coluche avec sa lessive qui lavait plus blanc que blanc ! Même les noeuds étaient lavés de l'intérieur . Mais chacun savait bien, recul oblige, qu'il ne s'agissait que de blague, mettant en dérision les publicités mensongères qui rivalisaient d'imagination pour laver le cerveau des consommateurs plus que le linge sale.

Un autre lavage de cerveau, moins comique , est à l'oeuvre avec la technique du " greenwashing " prêtant à des biens de consommation ou pratiques prétendues vertueuses des qualités environnementales qui n'existent simplement pas. Ou l'art , avec la maîtrise de la  neurolinguistique ,le plus souvent, de faire passer les vessies pour des lanternes au citoyen lambda.

La publicité s'appuie évidemment sur ces ressorts neurolinguistiques qui arrivent insconsciemment au cerveau humain  pour tenter de le " manipuler " dans le sens souhaité. D'où l'art par exemple du slogan publicitaire qui s'imprime souvent très longtemps dans les cerveaux . Chacun se souvient par exemple du slogan " Monsieur Propre, Monsieur Propre, si propre qu'on se voit dedans " avec la mélodie encore plus mémorable, des années plus tard. " Haribo, c'est beau la vie, pour les grands et les petits " , " Orangina, secouez moi secouez moi "  ou le  "chausséeeeeee aux moiiines " sans oublier l'incontournable " Loréal, parce que je le vaux bien "  ! Chacun en lisant juste ces simples phrases, par réflexe presque pavlovien, chantonne  encore en son for inrérieur l'air qui l'accompagne.

Là où les affaires se compliquent, c'est l'orsque ceux qui maîtrisent parfaitement cette science de la programmation neurolinguistique, manipulent pour de sournoises raisons des citoyens des plus honnêtes afin de les destabiliser mentalement . A la fin, quoi de plus facile que de rendre quelqu'un confus en perte de repères, quand on utilise à mauvais escient ces techniques de retournement de cerveau. 

Les Russes excellent dans cet art neurologique pour manipuler dans les règles de l'art par leurs recherches  à la pointe du fonctionnement du cerveau.. Quel meilleur antidot à ces techniques insidieuses et parfois malveillantes que de s'initier soi-même à la neurolinguistique pour l'utiliser curativement et non dans le sens inverse ? Un peu dans l'esprit de certains groupuscules sectaires selon les gourous plus ou moins habiles et leurs intérêts sous-tendus.

A  l'aune des découvertes scientifiques du fonctionnement du cerveau, il conviendrait de savoir les utiliser à escient, car quoi de plus facile que de rendre un esprit sain confus lorsque des intérêts sous-jacents peu bienveillants sont de mise ?


dimanche 29 juin 2025

Le ( bon ) sens de la vie ?

Pour celles et ceux qui ne jubilent pas plus devant un match de rugby, fût il au sommet, un samedi soir, qu'un énième match de foot (où les péripéties se jouent souvent plus en dehors du stade que dedans), il reste des émissions, en parallèle, plus confidentielles et non moins intéressantes :

Etait "prescrit" avec grande simplicité, aux potentiels lecteurs pour l'été : "Aphorismes sur la sagesse de la vie" d'Arthur Schopenhauer. Prescription philosophique d'un inalinéable  normand, pourtant non adepte du fameux "ni oui ni non" régional !

L'occasion de (re) découvrir, à des années lumières du bac philo, un génie allemand qui nous apprendra en substance à redéfinir la juste distance entre soi et les autres et donc entre soi et soi si possible.

Chacun se piquant à ce qui lui est trop proche mais s'ennuyant parfois dans sa solitude, la politesse élémentaire de base à tout être civilisé et le langage bien maîtrisé pourraient s'avérer les précieux anditotes à ces deux écueils existentiels si courants.

Un ouvrage abordable dans tous les sens du terme, qui permettra à chacun de se " hisser " à sa mesure vers une certaine lucidité, pas trop aveuglante pour autant.
La citation résumant le mieux sa pensée pouvant se résumer à : " l 'essentiel pour le bonheur de la vie, c 'est ce que l'on a en soi ".

Une donnée non périssable qui a le mérite fructifier avec le temps, quelques soient les inévitables obstacles extérieurs.

 Un peu à la manière d'un Cervantès qui écrivit son Don Quichote dans sa prison ?