vendredi 1 août 2025

" Un beau dimanche "

Un titre simple comme bonjour pourrait-on dire, pour honorer un jour qui en inspire certains et désespère souvent d'autres, loin de toute ferveur excessive, pour le septième film de Nicole Garcia.
Parmi "un dimanche à la campagne" ou "un long de dimanche de fiançaille", celui-ci promet bien des secrets mis à jour ! Il s'agira en l'occurrence ici d'un dimanche de Pentecôte, pour rester précis !

D.R.
La vacance des vacances estivales permet donc parfois de revoir ou découvrir des films, même datant de plus de dix ans, pour peu qu'on soit patients et adeptes du sujet de prédilection de Nicole Garcia : les liens familiaux.

Révélation ici de son propre fils, Pierre Rochefort, pour qui le film semble taillé sur mesure : un fils "de" , doublement attendu au tournant donc, même si son père, Jean Rochefort, ne l'a jamais élevé.

Tout en retenu, un peu bancal mais d'une bienveillance naturelle, Baptiste, ce jeune instituteur, va de ville en ville par choix du renouvellement. Il se retrouve un beau jour avec son élève Mathias sur les bras, en  C.M.2 au Vigan dans le Gard, "oublié" par son père à la sortie de l'école. Trop occupé à son "business" de coursier de voitures de luxe à Monaco sans doute ? Dans cette première partie un peu au ralenti, il s'agira pour l 'instituteur de ramener l 'enfant à sa mère,  Sandra, elle aussi débordée par son travail de serveuse, histoire de la responsabiliser. Et ce jeune trio bancal, en guise de famille de substitution, se met ainsi en place par un concours de circonstances hasardeuses et avouons-le, avec beaucoup d'invraissemblances, quant au principe de réalité.

Mais peu importe.

D'emblée, on sent bien que les regards appuyés de l'instituteur portés sur ce  jeune garçon égaré, par manque de "place" concédée, lui rappelle à lui aussi quelque chose...
Pour qui ne comprend pas les non-dits et les subtilités en "creux" de Nicole Garcia, passer son chemin d'urgence ! 

Pour les autres, ils apprécieront la délicatesse sous-jacente et l'extrême sensibilité dévoilée dans les silences qui en disent si long. Ils font tellement partie intégrante de cette petite musique-là !

L'instituteur, on l'aura deviné, un peu en perte de repères, s'attachera donc instantanément à ce jeune élève perdu dont il va spontanément s'occuper. Sandra (Louise Bouguoin), la maman prise dans les filets de mafieux à qui elle doit 50 000 euros, va ainsi trouver son sauveur !

La seconde partie du film replonge dans le passé notre instituteur  "sauveur" écorché-vif ; passé fui  pour des raisons familiales peu glorieuses. Le retour dans son milieu bourgeois et affairiste fera remonter à la surface des secrets bien peu avouables sur la lâcheté des uns et l'extrême lucidité des autres. 

Secret mis au grand jour pourtant pour une libération salvatrice !

La nature des liens familiaux et leur subtile interaction, dans deux milieux sociaux diamétralement opposés sont ici dépeints à la loupe ; et notre trio, aussi improbable qu'atypique, laissera chacun à ses  responsablités en toute bonne mais aussi surtout mauvaise conscience.

Un beau cadeau de Nicole Garcia à son fils, Pierre Rochefort, ici révélé, presque contre lui-même,  autant qu'aux spectateurs dont les yeux savent voir plus loin que les apparences au royaume des profondeurs  !


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