vendredi 10 avril 2026

Compostelle ou le " présent du présent " !

Ce n'était pas une blague ce 1er avril dernier, la sortie du film " Compostelle " de Yann Samuell !

Une belle surprise de presque deux heures en tous cas pour ce début de printemps  qui aborde un sujet universel déjà traité de mille façons, et celle-ci en est une efficace, et bien plus encore.
Servi par deux acteurs que tout oppose, Alexandra Lamy (Fred) en mère désabusée et Julien Le Berre (Adam, ça ne s'invente pas) en manque total de repère, le scénario nous mène du Puy-en-Velay à Saint-Jacques-de Compostelle par la via Podiensis en traversant les sublimes paysages occitans. Les deux  cheminements parallèles et complémentaires du jeune Adam et de Fred, l'enseignante mise à pied pour une gifle, reflètent ici toutes les modifications intérieures en correspondance avec les diversités extérieures des paysages sauvages époustouflants, à commencer par la traverseé de l'Aubrac. Cette marche dite "de rupture" pour Adam reste sa seconde chance pour éviter l'incarcération fatale après ses délits de mineur.

Un film qualifié de "comédie" qui n'en n'est pas vraiment une dans le sens où l'intrigue sociale se joue souvent sur le fil du rasoir. L'auteur retrace avec subtilités les affres intérieures et extérieures des pèlerins en chemin qui ne s'engagent jamais vraiment par hasard sur ce défi, croyants ou non croyants. Moins d'un quart des 70000 pèlerins par jour ne se lancent dans ce marathon hors norme pour des raisons strictement religieuses. La majorité déroule un fil spirituel le long du parcours, au gré des rencontres, de l'ouverture sur l'inconnu et du dépassement de soi.

Plus largement, ce "Compostelle" du 1er Avril 2026, grâce à ses multiples lectures possibles, invite le public à se mettre en marche, quelque soit la distance à parcourir ! Sinon à croire en Dieu à croire au moins en ses possibilités, ce qui reste déjà un bon début !



































vendredi 27 février 2026

De " l'intimité " à " l'attachement " : une 51 ième cérémonie attachante !

Pour la 51 ième cérémonie des César, les femmes n'auront pas démérité cette année car mises particulièrement à l'honneur pour l'acuité de leurs regards sur le monde en général et les relations humaines en particulier. 

Benjamin Lavernhe, secondé de Camille Cottin, Pierre Lottin and cie, incarnait avec brio le Maître de cérémonie parfois désopilant en apparence, aux propos graves et lucides sur notre actualité : la définition du Talent en majuscule en somme. On apprendra d'ailleurs ce soir-là, de différentes voix, à quel point l'intelligence collective prime sur l'intelligence artificielle, pour le monde  du cinéma français, du moins : de quoi voir l'avenir d'un oeil moins sombre ! 

D.R.
" L'attachement ", de Carine Tardieu,  adapté du roman " l'intimité " d'Alice Ferney ( Actes Sud .2020 ) met en lumière, entre autre, toute la délicatesse du jeu de Valéria Bruni-Tedeschi en quinquagénaire féministe aguerrie, remise profondément en question par son petit voisin de palier de six ans, Elliot. Elle partagera avec lui (et ce qui lui reste de famille), sa douloureuse traversée du désert maternel. Ce film " chorale " tourné à Rennes, dissèque avec nuances infimes les liens sensibles d'attachement qui peuvent se nouer entre un petit garçon déboussolé par le décés de sa maman morte en couches et une inconnue, pourtant si proche géographiquement. Liens du sang et liens du coeur sont ainsi observés à la loupe. 

Rien de surprenant que ce film délicat remporte à lui tout seul trois César, et de taille : celui du meilleur film, meilleur second rôle pour Vimala Pons et meilleur scénario adapté de Raphaële Moussafir et Agnès Fèvre.

On appréciera ce soir-là les libertés que seuls les acteurs peuvent parfois se permettre pour exprimer avec quelques provocations humoristiques, dérision pour ne pas dire cynisme les indignations sociétales.

La toute  nouvelle recrue, Ministre de la Culture présente, aura ainsi entendu en direct les doléances de ceux qui attendent sans doute beaucoup d'elle et reconnaissent tout autant la France pour leur libre et saine liberté d'expression !

En présence de Jim Carrey, canadien d'origine française, César d'honneur venu tout droit des U.S.A .



dimanche 15 février 2026

Le bulletin

 S'il est un rituel qui ne change pas depuis l'enfance, que chacun consulte plus ou moins régulièrement, et par nature toujours changeant , c'est bien le point météo ! Très prisé des Bretons en général et des marins en particulier,  puisque le sujet de conversation numéro Un : le Temps ! Il faut bien avouer qu'il est si changeant selon certaines régions qu'il convient mieux  de s'en aviser un peu à l'avance . A défaut de s'en prémunir, subi par tous, il finit donc par devenir le premier " liant " de conversation entre inconnus d'abord. Histoire de briser la glace .

Et comme disaient souvent  nos aïeuls emplis de sagesse, " tant qu'on parle du Temps, on ne médit pas de son prochain ! " .

Il agirait sur l'humeur de chacun : maussade, radieux, variable, changeant, chaud, froid !

Quand on observe en Provence la mine déconfite des gens et le caractère râleur au bout d'une journée de pluie, on ne peut qu'admirer la résistance voire la vaillance des Cht'is ou des Normands qui ont développé à ce sujet un sens de l'humour à toute épreuve . Le seuil de tolérance à la frustration de ciel bleu se trouvant tout relatif.

Un sujet de conversation universel donc, somme toute banal, et partagé par le plus grand nombre puisque ressenti par tous. A moins de vivre déconnecté des réalités ou  de son environnement extérieur, il impacte nos vies plus que l'on imagine.

Il est des régions où chacun le consulte tel un Oracle , sans doute avec plus de précisions, car même s'il n'est pas une Science exacte, et encore moins un Art divinatoire, il reste un rendez-vous incontournable dans la journée ! Encore gratuit qui plus est .  Un peu comme on regarderait l'heure qu'il est .  Histoire peut-être de savoir où nous en sommes . Il est aussi des âges où il prend de plus en plus d'importance, allons savoir pourquoi ? Se soucier des couleurs du Temps, serait-ce aussi accepter ses propres limites ?

Le bulletin Météo devient alors aussi essentiel que la consultation du bulletin de santé, du bulletin de notes pour les élèves  voire du bulletin de paye ! Et la mise en scène de l'annonce deviendra tout aussi importante que son contenu. Effets spéciaux ou pas .

Tant que ce rituel perdure, peut-être est -il encore permis d'espérer qu'il reliera encore chaque humain et le ramènera à sa modeste condition justement si humaine  ? Car malgré toute son ingéniosité, ce sont encore les conditions climatiques qui fixent ou pas certaines limites. Les skieurs, les navigateurs , les vacanciers du moment sont bien placés pour le savoir ou le découvrir peut-être ? 

N'en déplaisent à tous ceux  tentés de l'ignorer . Car de même que personne n'est censé ignorer la Loi, personne n'est censé ignorer le Temps qu'il fait ou qu'il fera. 

Il suffira juste déjà de lever les yeux au Ciel pour commencer, à la manière des anciens  !



dimanche 25 janvier 2026

" En l'absence du Capitaine "


 " Me voilà à trente ans

les deux mains sur la table

A écrire un poème 

Pour apprendre à naviguer

En l'absence du Capitaine " .

Un  recueil pour cueillir des " instantanés"   de poésie de Cécile Coulon autour de la perte de sa grand-mère . Pour ne pas couler Coulon continue à naviguer à vue . Elle confie, elle-même, la matière de son livre, sans masque aucun : " écrire des poèmes de rien du tout pour dire que tout ira bien dans cette vie  quand l'orage se prépare je me répète : si le ciel est bien bas c'est qu'il est avec nous ".

Des poèmes de Rien du Tout. Tout est dit.

Une ode à la joie, à la vie après la perte de parties d 'elle-même envolées . On pense ici un peu  à la fraîcheur des poésies de  René Guy Cadou et ses éternités d'éphèmères mises en mot.

Si le doute constitue l'essence même de sa poésie, elle concède :  " s'il y a bien une chose dont je suis sûre, c 'est qu'on n'est jamais déçue par un ciel bleu " . 

Une poésie sans fard, avec les fulgurances presque enfantines, qui mènent du presque Rien au presque Tout !

Ce qui n'est pas RIEN ...


vendredi 23 janvier 2026

Journée mondiale de l'écriture manuscrite

 Parmi les nombreux thèmes célébrés chaque jour de l'année, le 23 janvier est consacré à la promotion de la lettre manuscrite ; une gageure que d'annoncer cette occasion via un clavier d'ordinateur tant le phénomène manuel au crayon semble désuet de nos jours ! Et pourtant, ils sont nombreux à défendre l'acte manuscrit tant il apporte des bénéfices , surtout au niveau de l'apprentissage de la langue.

Chacun se souviendra avoir mieux mémorisé un cours écrit à la main sur une fiche, que lu et relu par exemple. Toujours est -il que cette initiative nous vient d'Outre -Atlantique avec the "  Writing Instrument Manufacturers Association " ( W.I.M.A ) en souvenir de John HANCOCK qui signa à la main la déclaration d'indépendance américaine en 1776.

" N' oublie pas d'écrire " correspondrait donc à l'injonction française dans cette initiative.

En attendant le week-end prochain consacré aux " Nuits de la lecture " dont la marraine nationale est Marie-Hélène Lafon ; le thème retenu cette année : " la ville et la campagne ". Localement , diverses initiatives variées d'animations ludiques. Ainsi à Longeville-sur-mer, une association  proposera des lectures comme celle de " Zazie prend le métro" de Raymond Queneau ou des appels à écriture autour d'ateliers.

Des incitations  à ne pas perdre la main , du plus jeune au plus âgé pour partager savoirs et savoir-faire en toute convivialité.