dimanche 15 février 2026

Le bulletin

 S'il est un rituel qui ne change pas depuis l'enfance, que chacun consulte plus ou moins régulièrement, et par nature toujours changeant , c'est bien le point météo ! Très prisé des Bretons en général et des marins en particulier,  puisque le sujet de conversation numéro Un : le Temps ! Il faut bien avouer qu'il est si changeant selon certaines régions qu'il convient mieux  de s'en aviser un peu à l'avance . A défaut de s'en prémunir, subi par tous, il finit donc par devenir le premier " liant " de conversation entre inconnus d'abord. Histoire de briser la glace .

Et comme disaient souvent  nos aïeuls emplis de sagesse, " tant qu'on parle du Temps, on ne médit pas de son prochain ! " .

Il agirait sur l'humeur de chacun : maussade, radieux, variable, changeant, chaud, froid !

Quand on observe en Provence la mine déconfite des gens et le caractère râleur au bout d'une journée de pluie, on ne peut qu'admirer la résistance voire la vaillance des Cht'is ou des Normands qui ont développé à ce sujet un sens de l'humour à toute épreuve . Le seuil de tolérance à la frustration de ciel bleu se trouvant tout relatif.

Un sujet de conversation universel donc, somme toute banal, et partagé par le plus grand nombre puisque ressenti par tous. A moins de vivre déconnecté des réalités ou  de son environnement extérieur, il impacte nos vies plus que l'on imagine.

Il est des régions où chacun le consulte tel un Oracle , sans doute avec plus de précisions, car même s'il n'est pas une Science exacte, et encore moins un Art divinatoire, il reste un rendez-vous incontournable dans la journée ! Encore gratuit qui plus est .  Un peu comme on regarderait l'heure qu'il est .  Histoire peut-être de savoir où nous en sommes . Il est aussi des âges où il prend de plus en plus d'importance, allons savoir pourquoi ? Se soucier des couleurs du Temps, serait-ce aussi accepter ses propres limites ?

Le bulletin Météo devient alors aussi essentiel que la consultation du bulletin de santé, du bulletin de notes pour les élèves  voire du bulletin de paye ! Et la mise en scène de l'annonce deviendra tout aussi importante que son contenu. Effets spéciaux ou pas .

Tant que ce rituel perdure, peut-être est -il encore permis d'espérer qu'il reliera encore chaque humain et le ramènera à sa modeste condition justement si humaine  ? Car malgré toute son ingéniosité, ce sont encore les conditions climatiques qui fixent ou pas certaines limites. Les skieurs, les navigateurs , les vacanciers du moment sont bien placés pour le savoir ou le découvrir peut-être ? 

N'en déplaisent à tous ceux  tentés de l'ignorer . Car de même que personne n'est censé ignorer la Loi, personne n'est censé ignorer le Temps qu'il fait ou qu'il fera. 

Il suffira juste déjà de lever les yeux au Ciel pour commencer, à la manière des anciens  !



dimanche 25 janvier 2026

" En l'absence du Capitaine "


 " Me voilà à trente ans

les deux mains sur la table

A écrire un poème 

Pour apprendre à naviguer

En l'absence du Capitaine " .

Un  recueil pour cueillir des " instantanés"   de poésie de Cécile Coulon autour de la perte de sa grand-mère . Pour ne pas couler Coulon continue à naviguer à vue . Elle confie, elle-même, la matière de son livre, sans masque aucun : " écrire des poèmes de rien du tout pour dire que tout ira bien dans cette vie  quand l'orage se prépare je me répète : si le ciel est bien bas c'est qu'il est avec nous ".

Des poèmes de Rien du Tout. Tout est dit.

Une ode à la joie, à la vie après la perte de parties d 'elle-même envolées . On pense ici un peu  à la fraîcheur des poésies de  René Guy Cadou et ses éternités d'éphèmères mises en mot.

Si le doute constitue l'essence même de sa poésie, elle concède :  " s'il y a bien une chose dont je suis sûre, c 'est qu'on n'est jamais déçue par un ciel bleu " . 

Une poésie sans fard, avec les fulgurances presque enfantines, qui mènent du presque Rien au presque Tout !

Ce qui n'est pas RIEN ...


vendredi 23 janvier 2026

Journée mondiale de l'écriture manuscrite

 Parmi les nombreux thèmes célébrés chaque jour de l'année, le 23 janvier est consacré à la promotion de la lettre manuscrite ; une gageure que d'annoncer cette occasion via un clavier d'ordinateur tant le phénomène manuel au crayon semble désuet de nos jours ! Et pourtant, ils sont nombreux à défendre l'acte manuscrit tant il apporte des bénéfices , surtout au niveau de l'apprentissage de la langue.

Chacun se souviendra avoir mieux mémorisé un cours écrit à la main sur une fiche, que lu et relu par exemple. Toujours est -il que cette initiative nous vient d'Outre -Atlantique avec the "  Writing Instrument Manufacturers Association " ( W.I.M.A ) en souvenir de John HANCOCK qui signa à la main la déclaration d'indépendance américaine en 1776.

" N' oublie pas d'écrire " correspondrait donc à l'injonction française dans cette initiative.

En attendant le week-end prochain consacré aux " Nuits de la lecture " dont la marraine nationale est Marie-Hélène Lafon ; le thème retenu cette année : " la ville et la campagne ". Localement , diverses initiatives variées d'animations ludiques. Ainsi à Longeville-sur-mer, une association  proposera des lectures comme celle de " Zazie prend le métro" de Raymond Queneau ou des appels à écriture autour d'ateliers.

Des incitations  à ne pas perdre la main , du plus jeune au plus âgé pour partager savoirs et savoir-faire en toute convivialité.

lundi 12 janvier 2026

Le bal annuel des " faux-jetons " ?

 Dans la série du "marronier" du mois, à savoir "les voeux", quelques petites nuances pourraient s'ajouter au thème du précédent billet d'humeur :

Si certains mettent encore du coeur à l'ouvrage dans ce rituel, certes devenu anachronique, il faut bien réaliser que parfois, mieux vaudrait ne rien recevoir du tout  que des voeux en pilotage  "automatique", sans âme, pour ne pas dire impersonnels.

 Le bal des faux-jetons s'ouvre aussi en cette période annuelle où les ( bonnes ? )  intentions ( dont l'enfer semble pavé, dit-on )  ne sont pas toujours celles espérées, et  pourquoi ne pas l'énoncer, confuses , vides de sens et creuses. Ce que certains nommeraient ici un langage "performatif " qui n'implique rien d'autre que lui même et n'engage que celui qui veut bien y croire ! Un exercice somme toute assez facile et banal, désincarné, pour s' accorder  une pseudo "bonne conscience" annuelle, provenant d'expéditeurs peu enclins à l'introspection bien que centrés sur eux-mêmes.

Dans ces cas précis, on se réjouirait presque de ne rien recevoir du tout !

Remerciements donc, en creux, pour tous ces "voeux" de pacotille non reçus qui permettent d'opérer un tri salutaire dans une vie qui tendrait à  privilégier l'essentiel du superflu !

Restent les fidèles parmi les fidèles, dont les paroles s'accordent aux actes et réciproquement.

Pour les voeux "lucratifs" ou à intérêts variables selon les époques de la vie, on sera allégés de ne plus les trouver, détoxification hivernale oblige !



jeudi 1 janvier 2026

Cartes de voeux aux oubliettes ?

Les temps changent à la vitesse du T.G.V et les amateurs d'envois postaux pourront aller se rhabiller  en ce premier jour de la nouvelle année ; et ce n'est pas au Danemark qu'ils pourront se consoler ; la poste du service public n'y semblant plus assez rentable aux dernières nouvelles. Quant  à la poste française, elle subirait des cyberattaques . 

Il faudra donc s'accrocher cette année 2026 pour céder à cet anachronique rituel pourtant si rassérénant : (re) prendre contact avec des relations parfois délaissées pour leur assurer, de loin, par l'espace ou le temps, notre degré du lien d'attachement, quelqu'il soit. Proche ou lointain, peu importe : juste l'occasion d'un vivant de manifester à un autre vivant sa gratitude d'être toujours vivant, somme toute !

Restera la solution devenue si banale des cartes de voeux éléctroniques, aussi désincarnées qu'expédiées à la va-vite, au sens propre et figuré. Dupliquées à l'infini, c'est pratique, on gagne du temps et de l'argent.

Les plus tenaces ou persévérants, pour ne pas dire passionnés, choisiront les motifs de leur choix, avec plus ou moins de goût, et en fonction du destinataire ; ne dit-on pas de toutes façons, que "c'est l'intention qui compte" ?  Ceux qui en sont hélàs totalement dépourvus ne rencontreront évidemment pas ce problème.

Quant à celles et ceux qui prennent un malin plaisir à confectionner eux-mêmes ces dites cartes rituelles de voeux, à les personnaliser, ils seront sans doute montrés du doigt dans un monde qui tourne décidément bien à l'envers !


Quelle idée saugrenue que de perdre son temps en de telles vaines occupations ! (comprendre "non rentables" avec cet adjectif).

Pour le choix du timbre, celui qui fait voyager autant le contenu que le contenant , il est réservé aux récalcitrants qui s'accrochent encore à ce qu'ils ont toujours connu depuis leur enfance : leur altérité.

Les collectionneurs, de leur côté, pourront se consoler à leur humble manière en ouvrant la boîte à miracles de toutes les cartes de voeux, d'anniversaire ou autre conservées depuis qu'ils savent lire et écrire.

Un ultime acte de "résistance" sans doute par un 1er janvier 2026 ?