mercredi 5 novembre 2025

La différence entre " être " et " avoir " ?

 Si le mois de Novembre annonce les jours qui déclinent, la cueillette des champignons ou déjà les lumières de Noêl, il reste le rendez-vous incontournable de la remise des prix .

Certains plus prestigieux que d'autres, sont paradoxalement et pécunièrement parlant en proportion inverse à leur notoriété ! Ainsi le " Graal " des graals qui assurera sans aucun doute la renommée  assurée pour la postérité, le prix Goncourt, aura l'immense honneur de se voir rétribuer un chèque hautement symbolique de...dix euros ! Le natif de Descartes en Touraine sera sans doute plus sensible à la reconnaissance transcendée  venue d'ailleurs avec sa " Maison vide " ! Pour l' écrivain de 58 ans, Laurent Mauvignier, on imagine que la satisfaction se trouve plus " d'en être " que d'en avoir ! Même si l'un n'exclut pas toujours l'autre . Quant aux prix Fémina ou Médicis, crées pour contrebalancer les Goncourt, à l'époque, peu soucieux du talent féminin en général, ils seront sans doute un peu plus " lucratifs " .

Emmanuel Carrère, fils de la russophyle Hélène Carrère d'Encausse,  quant à lui, se satisfera du prix Médicis aujourd'hui, avec " Kolkhoze" qui partage avec le prix Goncourt le goût de la fresque familiale -fleuve vu ses 560 pages au compteur ! 

Pour ceux qui seraient plus intéressés par l "'Avoir  " avec un grand A, conseillons au passage la recherche du prix Nobel qui s'élèverait à 830000 euros ! 

De quoi confirmer que le mariage des chiffres et des lettres ne va pas toujours  de soi en général, et que de l'être ou de  l'avoir, il convient parfois de choisir.

* A noter, le " prix Varenne " crée en 1988 en hommage au fondateur du journal " La Montagne ", composé de 8 catégories; récompensant le talent dans le domaine journalistique. Cette année se sont distingués, entre autre, Fabien Leboucq et Malrlène Decreusefond pour une enquête parue en juin 2025 dans le journal Libération sur les violences dans la Police.


mercredi 29 octobre 2025

Mots pour maux ?

 Dans la longue collection des étiquetages en " dys " qui fleurissent parfois de jour en jour chez les éminents spécialistes, ajoutons à notre collection un mal qui ne répand certes pas la terreur comme dans le poème des  " animaux malades de la peste " de la Fontaine, mais qui peut générer au passage la richesse de chirurgiens esthétiques peu scrupuleux : 

il s'agit ici de la " dysmorphophobie " : un mot à rallonde qui s'éclaire , comme souvent, avec les éthymologies ; les " patients " reconnus comme tels souffriraient d'un rapport à leur corps biaisé où chaque imperfection serait grossie à la loupe par le propriétaire de cette enveloppe corporelle ; d'autant plus à des âges de la vie charnières comme ceux de l'adolescence par exemple, voire plus tardifs...

Les causes de cette vision tronquée de ce corps par essence non parfait, puisqu'humain, proviendraient entre autres, d'un entourage peu complaisant, pour ne pas dire prompt à la critique du moindre détail.

L'expression populaire du " détail qui tue " prendrait ainsi ici tout son sens ! Les causes génétiques rares une fois écartées, bien évidemment .

Ainsi une assymétrie quelconque porterait son propriétaire à avoir recours au bistouri pour la corriger et faire le beurre des experts en chirurgie plastique . Et ce, à des âges parfois précoces ! L'orthorexie dentaire illustrant une partie de ce domaine où des outrances exhorbitantes sont à dénoter. Une affaire très rentable au demeurant pour les prestataires dudit " service" .

On imagine mal les répercussions invisibles sur un être être humain, encore plus en construction, de remarques désobligeantes sur son  simple aspect physique, surtout si elles s'avèrent généralement gratuites et sans fondement réel.

Ainsi le " mal-être " des uns faisant le " bonheur " des autres, pour qui, apparence ou compte en banque priment sur toute autre considération, assiste-t-on à l'explosion de ce nouveau phénomène social, ajoutant du mal-être au mal-être général ambiant !

D'où l'importance, dans l'Education, en général et en particulier si possible, d'ériger comme principe de précaution élémentaire, le  respecter l'autre, à commencer par le respect élémentaire de soi-même !

lundi 27 octobre 2025

L'esprit de justice récompensé !

 "Notre métier n'est pas de faire plaisir, non plus de faire du tort, il est de porter la plume dans la plaie" écrivait le journaliste engagé, épris de justice, Albert Londres.

C'est en son honneur que fut crée en 1933, le prix Albert Londres, récompensant le journalisme d'investigation de terrain de reporters à la fois audacieux et exigeants.

Cette année, pour la 87 ième édition, les récompenses se sont déroulées à Beyrouth au musée national du Liban (où elles n'avaient pas pu se dérouler en 2024), pour révéler le subtil talent journalistique de Julie Brafman, chroniqueuse judiciaire à Libération pour son recueil : "le vertige de l'aveu" ; il relate dix enquêtes judiciaires et ses coulisses entre les différentes parties, écrites comme des nouvelles, d'une plume ciselée où chaque mot pèse.

Reconnaissance assez exceptionnelle dans cette catégorie journalistique si spécifique  d'une chroniqueuse judiciaire.



samedi 4 octobre 2025

La voix de son Maître ?

Il fallait y penser : une idée saugrenue autour de laquelle bâtir une histoire de relations humaines, à savoir un répondeur téléphonique !

Histoire d'apparente légèreté, créée par Luc Blanvillain et adaptée au cinéma avec brio et finesse par la réalisatrice Fabienne Godet, servie par des acteurs qui jouent juste, que ce soit Denis Podalydès ou le surprenant Salif Cissé.

DR

Le thème universel du double est ici abordé en profondeur autour de la voix (fatiguée) d'un écrivain qui entend la prêter à un  "sous-traitant"  de talent pour l'occasion !
Usé de répondre aux appels incessants des uns et des autres, ce romancier reconnu mais un peu en retrait propose donc  à un imitateur talentueux, rencontré par hasard, de prendre sa voix pour ...reposer la sienne ! Et en profiter pour prétendre écrire sans être constamment interrompu par ses proches ou moins proches. Idée loufoque qui semble fonctionner au cours de cette histoire qui se déroule à une époque où chacun cherche à rester en contact sans jamais vraiment s'engager.

C'était sans compter la personnalité de l'imitateur, imitant certes à la perfection, mais dont la fraîcheur et l'authenticité vont bousculer progressivement le cours de la vie relationnelle dudit propriétaire de cette fameuse Voix ! Et de tout son entourage, par ricochets.

Subtilement, les nouvelles interactions croisées entre les différents protagonistes vont faire évoluer une situation qui semble échapper de plus en plus à l'initiateur du projet !

L'occasion ici de s'immerger dans l'univers des artistes, établis ou pas, et du travail de création qui navigue sans cesse entre imaginaire et réalité.

Une belle surprise, tout en nuances, où les silences en disent souvent long, sur la communication, désincarnée ou pas, l'attention à l'autre, l'écoute et la Création !


jeudi 2 octobre 2025

" Huttopia " *

C'est le jour de la lune,

Droits réservés

le marché de Fontvieille :

Senteurs provençales,

Couleurs automnales

Impressionnistes !

Des épices deci-delà , 

du pain frais, blanc ou noir,

De quoi se rhabiller 

pour l'hiver à venir

Et surtout les bouquets de 

mots de Marie Bolus

à l'envi.

En prose ou en poésie

Tels des confettis

Ces contes et merveilles

d'une " Mamie Noisette "

à faire pâlir l' Alphonse,

Ancêtre des lieux

Eternels.

*Hutoppia