samedi 19 juillet 2025

" Les misérables " : entre Bordeaux, Paris et Marseille virtuel


 Le Monument littéraire de Victor Hugo adapté au cinéma ou au théâtre depuis 1909 refait surface  encore cette année, entre les terres girondines et Paris. Après  son  dernier " Radin " et  " les chèvres ", le réalisateur Fred Cavayé a débuté le tournage de cette énième adaptation le 17 juillet dernier dans le petit village girondin de Saint-Macaire, où la place Marcadiou représente une place marseillaise virtuelle.

Tournage à Saint-Macaire. D.R.

Un chambardement inattendu pour les habitants, surpris par toute l'équipe du tournage qui a investi cet endroit si paisible. Les archétypes de Jean Valjean, de l'inspecteur Javert, Fantine  ou l'impitoyable couple des Thénardier seront ici incarnés par une brochette d'acteurs incontournables tels que Vincent Lindon, Camille Cottin  ou Benjamin Laverne. Des " inspirés " à la hauteur de la performance .

Comme Rochefort devenu si célébre avec ses  "demoiselles", le vieux port marseillais avec Marius de Marcel Pagnol, ou  encore  Belle -île- en mer avec Sarah Bernhardt peut-être cette petite bourgade jusque là inconnue au bataillon connaîtra-t-elle ses lettres de noblesse à cette occasion ?

 Toujours est-il que les habitants ont eu la possibilité de jouer les figurants et d'assister aux séances " H.M.C "( Habillage, maquillage , coiffure ).

Avec un casting si prometteur, espèrons que cette relecture ambitieuse de la fresque sociale et humaine soit à la hauteur du génie Hugolien : une sacrée gageure qui ne manquera pas de souffrir ou pas des comparaisons, comme chaque adaptation de chef d'oeuvres littéraires !

Quant à l'auteur, devenu immortel par son oeuvre intemporelle, on se souviendra de sa phrase concernant son roman : " Mes amis, retenez ceci : il n'y a pas de mauvaise herbe, ni de mauvais homme, il n'y a  que de mauvais cultivateurs " .

Telle est l'ambition du réalisateur à qui nous souhaitons un franc succès . Rendez-vous le 11 novembre 2026 !


mercredi 16 juillet 2025

Les adultes dans le sillage des enfants !



Parmi les beaux souvenirs d'enfance, demeurent ceux dédiés aux  rituels  "Cahiers de Vacances" pendant les étés à rallonge parfois interminables : les cahiers de vacances meublaient bien souvent les jours de pluie et réservaient des moments de distraction inoubliable ; seuls ou sous l’œil distrait d'un adulte en surplomb, ils réservaient de savoureux moments intemporels.

Est-ce pour prolonger ces souvenirs nostalgiques que l'offre s'est  tellement diversifiée et étendue aux vieux enfants que nous sommes devenus ? Est-ce juste une opération "marketing" qui "cartonne" comme on dit ?
Toujours est-il que petits et grands peuvent désormais de concert, quel que soit son âge, s'adonner à son propre "cahier de vacances" : pléthore de styles sont proposés et il serait rare que le vacancier ne trouve pas "chaussure à son pied". Il aurait ici plutôt l'embarras du choix à observer les têtes de gondoles des rayons culturels, grandes ou petites surfaces compris.

Il y en aura pour tous les goûts : que l'on veuille préparer son entrée en fac de droit, que l'on souhaite mener son enquête policière, jouer avec les mots ou en savoir  toujours un peu plus sur qui on est, toujours sur le mode ludique! De quoi changer des sempiternels et lassants mots fléchés.

Une manière comme une autre de ne pas trop laisser son cerveau estival en jachère afin qu'il ne fonde pas comme neige au soleil ; dix minutes par ci, dans le bus, dix minutes par là sur la terrasse ombragée d'un jardin privé ou public, et le tour est joué ! Le temps passe ainsi  à la vitesse grand V, en solo ou à plusieurs.

Photo H-D

Non,  "ce n'était pas mieux avant" comme répètent à l'envi certains indécrottables ronchons, c'était juste différent !
La curiosité insatiable, la culture subsistent, éternelles fenêtres, qui s'ouvrent juste sur d'autres modes. Le support papier a encore de beaux jours devant lui, à en croire les ventes qui explosent à cette saison !

De quoi conserver un brin d' espoir et activer son neurone en s'amusant, quelque soit la température ambiante.

Cela ne remplacera peut-être pas les "petits bacs" ou "morpions" imaginés juste avec un crayon ou un papier dans les années 70, voire un bâton et un caillou sur le sable mouillé, mais l'esprit reste identique . Sans oublier les nuages à qui l'on prêtait toutes formes de formes saugrenues ou pas pour filer avec eux.

Phénomène assez inexpliqué en France cependant : les ventes des cahiers pour enfants stagnent voire baissent alors que les ventes pour adultes explosent ! 

L'occasion  présente sans doute aussi de réunir enfants et parents dans une même ouverture ludique pour explorer, même parfois immobiles, le vaste monde qui nous entoure ?



mercredi 9 juillet 2025

L'effroi universel

 A la première séance du cours de philosophie il y a maintenant quelques dizaines d'année , notre charismatique professeur nous avait à tous, demandé d'écrire sur un petit papier, quel était selon chacun de nous le sujet de philosophie par excellence . Il me souvient avoir simplement écrit, en toute spontanéïté :  le suicide. A la lecture de tous les petits papiers relevés, le professeur un brin surpris avait été saisi par la gravité soudaine de ce mot évoqué sur le papier . En répondant ensuite, qu'effectivement, il s'agissait d'un des sujets les plus graves de la philosophie puisqu'il traitait en lui même du sens de la vie. Du sens à trouver et du véritablement cheminement philosophique.

La pathétique nouvelle politique du suicide d'un représentant politique renvoit à cette question fondamentale qui n'épargne pas non plus ce microchosme pourtant prétendu protégé.

Peu importe le parti en question d'ailleurs . Les hommages ont ensuite fusé de toutes parts et de tous bords autour d'un homme " droit , aux valeurs intégres " etc etc etc

Mais la stupéfaction a monté d'un cran en entendant un message qui se voulait certainement au demeurant compatissant : " on ne soupçonne jamais assez la fragilité des gens  " du premier ministre, à la fois très troublé et surpris.

Cette surprise en a surpris justement plus d'un : comment ne pas imaginer un seul instant que derrière les masques et armures persiste une sensibilité somme toute très humaine ?

Un autre représentant politique du même bord a même témoigné avec beaucoup de lucidité et de sincèrité qu'" on n'imaginait pas à quel point on était finalement très seul " . 

Comment rester de marbre devant un tel effroi jeté sur la France entière ? Acte qui nous ramène au sens même de la vie, à la solidarité, au partage de la souffrance ou pas.

Là demeure l'essence même  de notre existence ici bas. Eluder ces questions derrière les apparences trompeuses revient simplement à passer à côté du réel .

Un peu dommage dans le monde politique aux responsabilités ?

Dans la vie en général d'ailleurs !

lundi 7 juillet 2025

Les rapaces

Samuel, (Sami Bouajila excellent de naturel) est journaliste d'investigation à "Détective", spécialiste des faits divers et plus précisément des féminicides. Un peu en marge de sa rédaction et en connivence floue avec la police, il mène son enquête, secondé de sa fille stagiaire (Mallory Wanecque, la candide au baptême du feu) autour du meurtre d'une jeune fille attaquée à l'acide. Tous les moyens sont bons pour lui pour arriver à la Vérité, au risque de se trouver souvent "border line" quant aux procédés employés.


Le monde sans concession du journalisme des faits divers est retranscrit dans une atmosphère hyperréaliste sans fioriture. L'affaire en question lui rappelant un second meurtre dans des conditions identiques, il va remonter progressivement le fil d'un monde parallèle sans foi ni loi : celui des masculinistes cibistes en l'occurrence dont toutes les conversations sont codées.

Après une première partie assez lente, proche du docu-fiction, la tension monte crescendo jusquà un point paroxystique : véritable scène d'antologie que celle du restaurant Napoléon, où le piège semble se refermer inéluctablement sur le justicier et sa fille. Le spectateur a le souffle coupé et l'angoisse monte jusqu'au moment où la fille finira par délivrer son père, lui-même sauvé  à la fois par son statut professionnel et par un concours de circonstance providentiel.

Immersion garantie dans le monde du fait divers autour des prédateurs, chasseurs de chair fraîche.

Un doute subtil demeure in fine : le titre évocateur "Rapaces" s'applique-t-il autant aux journalistes d'investigation qui n'hésitent pas à mettre leur vie et celle de leurs proches en danger pour arriver au but par des moyens que la police ne peut avoir ou aux masculinistes et pervers sexuels, véritables " barbares ",  uniquement puissants par la force du groupe ?

C'est sans doute toute la subtilité du titre aussi talentueux que l'art de suggérer la violence plutôt que de la montrer. Après son dernier "Vaurien", Peter Dourountzis monte en grade : ses "Rapaces" emportent ici une reconnaissance du public  beaucoup plus avérée.

Sur un plan plus intime, il s'agit aussi ici d'une belle histoire de liens resserrés entre un père divorcé et sa fille qui cherche à emprunter son chemin professionnel, quoi qu'il en coûte !