Avant même que la nouvelle édition du festival de la biographie ne soit officiellement inaugurée au Carré d’Art de Nîmes ce vendredi 24 janvier à 18 heures, Franz Olivier Giesbert interviewait au théâtre Bernadette Lafont, Pierre Asouline et l’infatigable Edgard Morin.
Quand l’enfant terrible de droite, du Point, veut « croquer » le biographe de gauche, les débuts s’annoncent électriques !
« Bonjour à touuuutes , clamera haut et fort le turbulent « pointeur », alors que Pierre Assouline, rectifiera : bonjour à toutes et à tous . Pourquoi oublier la moitié de l’humanité, il est vrai ?
Le ton est d’emblée donné. Car le salut volontairement provocateur du parfois très agaçant FOG sera vite « rectifié », avec élégance, par l’académicien de chez Goncourt.
Et paf : un-partout, la balle au centre ?
Reprenant le fameux titre du poème de Rudyard Kipling, dans sa biographie, Pierre Assouline a réussi à décrire précisément son travail de biographe, entre les interruptions volontaires et bavardes d’un FOG toujours aussi autocentré ! Peu importe, spectacle assuré.
A noter cependant que son ouvrage navigue entre roman et biographie : un nouveau genre ?
Après une dizaine de biographies à son compteur, Pierre Assouline explique admirer Rudygar Kippling pour son talent sans pour autant l’aimer. (Le caractère germanophobe de l’auteur du « livre de la jungle« y est probablement pour beaucoup ?)
Nuance non négligeable dans le travail de biographe. Confiant accorder quatre-vingt-pour-cents à la recherche dans les archives, Pierre Assouline soulignera l’importance primordiale de la Voix. Selon lui, son intonation vaudrait toutes les archives du monde pour « capter » la substantifique moëlle du « sujet » d’étude.
Et Pierre Asouline de préciser à son prestigieux interviewer que certaines de ses questions paraissent quelque peu superficielles, style, « qui est votre écrivain préféré » ?, etc, etc. Le travail de biographie ne relevant pas d’un tiercé gagnant, mais d’une étude où la complexité prime, au fur et à mesure de l’exploration.
Quant à Edgar Morin (« Les souvenirs viennent à ma rencontre« ), sans doute du haut de ses 98 ans, il sera un peu plus « ménagé » dans son traitement que son prédécesseur !
Ceci dit, ce « pascalien » convaincu, après avoir rejeté le communisme comme une erreur de jeunesse, expliquera que « le roman donne réalité à l’imaginaire. La biographie révèle le romanesque de la réalité. Quant à l’autobiographie, nul n’est mieux ni plus mal placé que soi-même pour faire sa propre biographie« ?
Tout est dit.
Son secret ? Avoir su garder intactes son âme d’enfant et sa curiosité.
A 98 ans, il applique à la perfection la devise d’un Picasso qui disait avoir mis toute une vie à réussir à peindre comme un enfant.
Sans négliger pour autant l’importance de toutes les femmes de sa vie. Un point de convergence assuré avec notre inénarrable FOG !