Après les affres météorologiques estivaux, l'automne aurait pu s'annoncer plus serein, la résilience de la nature prenant le dessus. C'était sans compter l'impossibilité d'un dialogue social constructif dans un pays qui se distingue de certains autres de ses voisins par cette incapacité presque structurelle. Particularité bien franco-française sans doute aux effets colatéraux difficilement maitrisables.
Toujours est-il qu'il semble inquiétant d'observer le langage "déraper" au plus haut niveau de l'Etat dans des circonstances certes atypiques. Tout le monde n'a pas la créativité du général de Gaulle pour pondre une "Chienlit". La "tenue" verbale en prend un sacré coup par les temps qui courent avec des mots hors cadre, comme la situation, puisqu'est invoqué en plus hauts lieux le "Bordel" ambiant.
"Le poids des mots, le choc des photos", nous renvoie à fameux slogan d'un magazine bien connu !
La question qui peut être posée reste celle-ci : doit-on glisser dans l'argot plus que familier au plus haut sommet de l'Etat pour décrire une situation hors norme où le sens des responsabilités impose une maîtrise publique imparable du langage, en toute situation ? Le choc que provoque ce terme, d'où il est prononcé, correspond évidemment au choc du réel.
Et si la maîtrise du réel commençait déjà par la meilleure maîtrise de sa propre langue, à quelque niveau que ce soit et à chaque étage de la société ?
Le glissement du langage n'occasionnant certes pas un glissement de terrain et inversement.
En tout état de cause, les mots ont un sens, pour ne pas dire plusieurs, et leur choix en dit long sur la difficulté d'appréhender un réel souvent déconnecté.