Avec un titre aussi accrocheur que celui-là, pour ne pas dire plus, difficile de passer à côté du sujet de la mixité sociale à l'école, pour ce film somme toute assez libérateur de Michel Leclerc.
Une famille recomposée, Sofia ( brillante avocate d'origine maghrébine ) et Paul ( Batteur professionnel assez anar ) vit à Bagnolet, dans le "Neuf. Trois", donc, ( mais ça aurait aussi bien pu être Marseille ) , dans la villa dont Sofia rêvait petite, de sa tour H.L.M. en regardant la fenêtre.
Corentin, à neuf ans, voit tous ses copains partir à Saint-Benoît, une école privée, car les parents s'inquiètent de ce que celle de Jean-Jaurès devient, avec des " blancs " en minorité. Dixit le directeur de l'école lui-même, un brin cynique.
Corentin devient , après cette "fuite des cerveaux blancs " ( même s'ils le sont tous, blancs, les cerveaux ! ) , le seul spécimen du genre.
Pour Sofia, qui a vécu son enfance à Bagnolet, pas question de changer Corentin d'école.
Pour Paul, ses convictions de gauche sont mises à rude épreuve face aux dures réalités, notamment celles des femmes voilées, ici affrontées de plein fouet. Assez courageux du reste .
Si les familles aisées sont absolument dépourvues de conscience de classe et aveuglées par l'entre-soi dans laquelle elles restent souvent confinées, ce n'est pas le cas de Sofia et Paul, qui mènent en fait un combat intérieur contre...eux-mêmes et leurs propres préjugés !
Avec un sujet aussi actuel que politique, c'était une sacrée gageure que de faire rire : pari réussi haut la main avec des acteurs qui ne se voilent pas la face,eux, s'affrontent et luttent, toujours avec un recul bienveillant du réalisateur pour ses personnages.
Belle tranche de vie dans le 9.3 où la lucidité des uns compense l'aveuglement des plus nantis sans doute ?
Qui de Saint-Benoît ou Jean-Jaurès sera le vainqueur in fine : that is the question !
Le gagnant sera indubitablement le combat contre les préjugés que chacun se façonne sur l'autre et réciproquement : déjà un grand pas vers l'entente cordiale ?
Edouard Baer ressort grandi de cette expérience, même s'il est déjà au sommet de son art depuis bien longtemps. Idem pour sa compagne dans le film.
Pour résumer, la pensée de Paul ( Edouard Baer ) ouvre ou clôt le débat à elle toute seule :
" Pour qu'il y ait mixité, il faut qu'il y ait mixité. Parce que si ce n'est pas de la mixité, hé bien, ce n'est pas de la mixité " !. C.Q.F.D.
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