Ce n'était pas une blague ce 1er avril dernier, la sortie du film " Compostelle " de Yann Samuell !
Une belle surprise de presque deux heures en tous cas pour ce début de printemps qui aborde un sujet universel déjà traité de mille façons, et celle-ci en est une efficace, et bien plus encore.
Servi par deux acteurs que tout oppose, Alexandra Lamy (Fred) en mère désabusée et Julien Le Berre (Adam, ça ne s'invente pas) en manque total de repère, le scénario nous mène du Puy-en-Velay à Saint-Jacques-de Compostelle par la via Podiensis en traversant les sublimes paysages occitans. Les deux cheminements parallèles et complémentaires du jeune Adam et de Fred, l'enseignante mise à pied pour une gifle, reflètent ici toutes les modifications intérieures en correspondance avec les diversités extérieures des paysages sauvages époustouflants, à commencer par la traverseé de l'Aubrac. Cette marche dite "de rupture" pour Adam reste sa seconde chance pour éviter l'incarcération fatale après ses délits de mineur.
Un film qualifié de "comédie" qui n'en n'est pas vraiment une dans le sens où l'intrigue sociale se joue souvent sur le fil du rasoir. L'auteur retrace avec subtilités les affres intérieures et extérieures des pèlerins en chemin qui ne s'engagent jamais vraiment par hasard sur ce défi, croyants ou non croyants. Moins d'un quart des 70000 pèlerins par jour ne se lancent dans ce marathon hors norme pour des raisons strictement religieuses. La majorité déroule un fil spirituel le long du parcours, au gré des rencontres, de l'ouverture sur l'inconnu et du dépassement de soi.
Plus largement, ce "Compostelle" du 1er Avril 2026, grâce à ses multiples lectures possibles, invite le public à se mettre en marche, quelque soit la distance à parcourir ! Sinon à croire en Dieu à croire au moins en ses possibilités, ce qui reste déjà un bon début !
