Dans la longue collection des étiquetages en " dys " qui fleurissent parfois de jour en jour chez les éminents spécialistes, ajoutons à notre collection un mal qui ne répand certes pas la terreur comme dans le poème des " animaux malades de la peste " de la Fontaine, mais qui peut générer au passage la richesse de chirurgiens esthétiques peu scrupuleux :
il s'agit ici de la " dysmorphophobie " : un mot à rallonde qui s'éclaire , comme souvent, avec les éthymologies ; les " patients " reconnus comme tels souffriraient d'un rapport à leur corps biaisé où chaque imperfection serait grossie à la loupe par le propriétaire de cette enveloppe corporelle ; d'autant plus à des âges de la vie charnières comme ceux de l'adolescence par exemple, voire plus tardifs...
Les causes de cette vision tronquée de ce corps par essence non parfait, puisqu'humain, proviendraient entre autres, d'un entourage peu complaisant, pour ne pas dire prompt à la critique du moindre détail.
L'expression populaire du " détail qui tue " prendrait ainsi ici tout son sens ! Les causes génétiques rares une fois écartées, bien évidemment .
Ainsi une assymétrie quelconque porterait son propriétaire à avoir recours au bistouri pour la corriger et faire le beurre des experts en chirurgie plastique . Et ce, à des âges parfois précoces ! L'orthorexie dentaire illustrant une partie de ce domaine où des outrances exhorbitantes sont à dénoter. Une affaire très rentable au demeurant pour les prestataires dudit " service" .
On imagine mal les répercussions invisibles sur un être être humain, encore plus en construction, de remarques désobligeantes sur son simple aspect physique, surtout si elles s'avèrent généralement gratuites et sans fondement réel.
Ainsi le " mal-être " des uns faisant le " bonheur " des autres, pour qui, apparence ou compte en banque priment sur toute autre considération, assiste-t-on à l'explosion de ce nouveau phénomène social, ajoutant du mal-être au mal-être général ambiant !
D'où l'importance, dans l'Education, en général et en particulier si possible, d'ériger comme principe de précaution élémentaire, le respecter l'autre, à commencer par le respect élémentaire de soi-même !